Skip links

Comment remplir un DPGF dans un marché public sans erreur ?

Remplir un DPGF dans le cadre d’un marché public ne consiste pas simplement à compléter un tableau de prix. Ce document engage l’entreprise sur le montant de son offre et doit être parfaitement cohérent avec les prestations demandées, le mémoire technique, l’acte d’engagement et les autres pièces du dossier.

Une erreur de calcul, un poste oublié ou une incohérence entre les documents peut fragiliser l’offre, voire nuire à son analyse par l’acheteur public. Le DPGF est donc un document financier stratégique, à traiter avec méthode.

Dans cet article, nous vous expliquons comment remplir un DPGF correctement, quelles vérifications effectuer avant le dépôt de l’offre et quelles erreurs éviter pour sécuriser votre réponse à un appel d’offres.

Qu’est-ce qu’un DPGF dans un marché public ?

Le DPGF, ou Décomposition du Prix Global et Forfaitaire, est un document utilisé dans certains marchés publics pour détailler la composition d’un prix forfaitaire.

Il permet à l’acheteur public de comprendre comment l’entreprise a construit son prix : prestations prévues, postes de coûts, fournitures, main-d’œuvre, frais annexes ou encore options éventuelles.

Contrairement à un simple montant global, le DPGF donne une vision plus détaillée de l’offre financière. Il aide l’acheteur à vérifier la cohérence du prix proposé avec les exigences du marché.

Pour bien comprendre son rôle, vous pouvez consulter notre page dédiée au DPGF dans un marché public.

Pourquoi le DPGF est-il important dans une réponse à un appel d’offres ?

Le DPGF joue un rôle central dans l’analyse de l’offre financière. Il ne sert pas uniquement à présenter un prix : il permet aussi de démontrer que l’entreprise a bien compris le besoin de l’acheteur.

Un DPGF bien rempli montre que les prestations attendues ont été correctement identifiées, que le chiffrage est structuré et que le prix proposé est cohérent avec les moyens annoncés dans le mémoire technique.

À l’inverse, un DPGF imprécis ou incohérent peut créer un doute. L’acheteur peut s’interroger sur la fiabilité du chiffrage, la compréhension du besoin ou la capacité réelle de l’entreprise à exécuter le marché dans les conditions proposées.

Il est donc essentiel de traiter le DPGF comme une pièce stratégique de l’offre, et non comme un simple tableau administratif.

Comment remplir un DPGF étape par étape ?

1. Lire attentivement le dossier de consultation

Avant de compléter le DPGF, il faut analyser l’ensemble du dossier de consultation des entreprises :

  • le règlement de consultation ;
  • le CCTP ;
  • l’acte d’engagement ;
  • le cadre de DPGF fourni par l’acheteur ;
  • les éventuelles annexes techniques ;
  • les réponses aux questions publiées pendant la consultation.

Le DPGF doit refléter précisément les prestations demandées. Une lecture trop rapide du dossier peut entraîner un oubli de poste, une mauvaise interprétation du besoin ou un chiffrage incomplet.

2. Respecter le cadre fourni par l’acheteur

Dans de nombreux marchés publics, l’acheteur fournit un cadre de DPGF à compléter. Il est important de respecter sa structure.

Sauf indication contraire, il faut éviter de modifier les intitulés, supprimer des lignes ou transformer l’organisation du tableau. Ces modifications peuvent rendre l’offre plus difficile à analyser et, dans certains cas, poser un problème de conformité.

Si une ligne semble ambiguë ou inadaptée, il est préférable de poser une question à l’acheteur dans les délais prévus par la consultation, plutôt que de modifier librement le document.

3. Identifier tous les postes de coûts

Un DPGF fiable doit intégrer l’ensemble des coûts nécessaires à l’exécution du marché :

  • la main-d’œuvre ;
  • les fournitures ;
  • le matériel ;
  • les frais de déplacement ;
  • la sous-traitance ;
  • les frais de préparation ;
  • les contrôles qualité ;
  • les frais administratifs ;
  • les frais généraux ;
  • la marge commerciale.

L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un total, mais de construire un prix réaliste, défendable et cohérent avec l’organisation prévue pour exécuter le marché.

4. Vérifier la cohérence avec le CCTP

Le CCTP décrit les prestations attendues par l’acheteur. Le DPGF doit donc être directement aligné avec ce document.

Chaque prestation importante prévue au CCTP doit être correctement prise en compte dans le chiffrage. Si une exigence technique n’apparaît pas dans le DPGF, l’acheteur peut avoir le sentiment que l’entreprise ne l’a pas intégrée dans son prix.

Cette cohérence est particulièrement importante lorsque le marché comporte des contraintes spécifiques : délais courts, interventions multiples, exigences qualité, maintenance, formation, reporting, déplacements ou astreintes.

5. Contrôler les quantités, unités et montants

Même lorsque le marché est forfaitaire, les quantités ou unités présentes dans le DPGF doivent être contrôlées avec attention.

Une erreur sur une quantité, une unité ou une formule peut modifier le montant final ou rendre le chiffrage difficile à comprendre. Avant le dépôt de l’offre, il faut donc vérifier :

  • les quantités indiquées ;
  • les unités utilisées ;
  • les prix unitaires ;
  • les totaux par ligne ;
  • les sous-totaux ;
  • le montant total hors taxes ;
  • le montant toutes taxes comprises, si demandé ;
  • les éventuelles options ou variantes.

Un simple écart entre deux montants peut décrédibiliser l’offre, même si le reste du dossier est solide.

6. Vérifier la cohérence avec l’acte d’engagement

Le montant total indiqué dans le DPGF doit être cohérent avec celui figurant dans l’acte d’engagement.

Cette vérification est indispensable. Une différence entre les pièces financières peut créer une ambiguïté sur le prix réellement proposé par l’entreprise.

Avant de déposer l’offre, il faut donc comparer les montants indiqués dans tous les documents financiers du dossier. Le prix global annoncé doit être identique ou parfaitement cohérent selon les modalités prévues par l’acheteur.

7. Aligner le DPGF avec le mémoire technique

Le DPGF ne doit pas être analysé isolément. Il doit être cohérent avec le mémoire technique.

Par exemple, si le mémoire technique annonce une équipe importante, des contrôles renforcés ou une méthodologie détaillée, le prix proposé doit permettre de financer ces engagements.

À l’inverse, un DPGF très bas peut sembler incohérent avec une proposition technique ambitieuse. L’acheteur peut alors douter de la capacité de l’entreprise à tenir ses engagements.

Le DPGF et le mémoire technique doivent donc raconter la même histoire : une offre sérieuse, réaliste et maîtrisée.

Exemple simplifié de DPGF rempli

Voici un exemple simplifié de DPGF pour illustrer la logique de présentation. Le contenu réel dépend toujours du marché concerné et du cadre fourni par l’acheteur.

Poste Désignation Quantité Prix unitaire HT Total HT
1 Préparation et organisation de la mission 1 750 € 750 €
2 Fournitures principales 1 3 800 € 3 800 €
3 Main-d’œuvre 1 5 600 € 5 600 €
4 Contrôle qualité 1 450 € 450 €
5 Nettoyage, clôture et repli 1 400 € 400 €
Total forfaitaire HT 11 000 €

Cet exemple montre l’intérêt du DPGF : le prix global est détaillé par poste, ce qui permet à l’acheteur de comprendre la construction de l’offre financière.

Dans un dossier réel, le niveau de détail peut être beaucoup plus important. Certains DPGF comportent plusieurs lots, phases, options, tranches ou prestations complémentaires.

Les erreurs fréquentes à éviter dans un DPGF

Oublier un poste prévu au CCTP

C’est l’une des erreurs les plus fréquentes. Une prestation demandée dans le CCTP doit être intégrée dans le chiffrage, même si elle ne semble pas centrale. Un oubli peut entraîner une sous-estimation du prix ou une incohérence entre l’offre technique et l’offre financière.

Modifier le cadre du DPGF sans autorisation

Lorsque l’acheteur fournit un document à compléter, il faut respecter le format demandé. Modifier les lignes, supprimer des postes ou réorganiser le tableau peut créer un risque. Si le cadre paraît incomplet ou ambigu, il est préférable de solliciter une clarification pendant la période de questions.

Présenter un prix trop bas

Un prix bas peut sembler compétitif, mais il peut aussi fragiliser l’offre s’il paraît irréaliste. L’acheteur peut s’interroger sur la capacité de l’entreprise à exécuter correctement le marché. L’objectif n’est donc pas seulement de proposer le prix le plus bas, mais un prix cohérent avec la prestation, les moyens mobilisés et les attentes du marché.

Faire apparaître des incohérences de calcul

Les erreurs de formules, d’addition ou de report sont particulièrement problématiques. Elles donnent une impression de manque de rigueur et peuvent perturber l’analyse de l’offre. Avant le dépôt, il faut toujours contrôler les formules du fichier, recalculer les totaux et vérifier les montants reportés dans les autres documents.

Déposer un DPGF incohérent avec le mémoire technique

Une offre financière doit soutenir l’offre technique. Si l’entreprise promet une organisation renforcée, des moyens importants ou une qualité de service élevée, le DPGF doit être cohérent avec ces engagements. Un décalage trop important entre le prix et la proposition technique peut affaiblir la crédibilité de l’offre.

Checklist avant de déposer un DPGF

Avant de transmettre votre réponse à un marché public, prenez le temps de vérifier les points suivants :

  • le cadre fourni par l’acheteur a été respecté ;
  • tous les postes du CCTP sont bien pris en compte ;
  • les quantités et unités ont été contrôlées ;
  • les prix unitaires sont cohérents ;
  • les totaux et sous-totaux sont exacts ;
  • le montant total correspond à l’acte d’engagement ;
  • les options, variantes ou tranches sont bien traitées ;
  • le DPGF est cohérent avec le mémoire technique ;
  • le document est lisible et conforme au format demandé ;
  • une relecture finale a été réalisée avant dépôt.

Cette checklist permet de réduire les risques d’erreurs et de sécuriser la qualité globale de l’offre.

Faut-il faire relire son DPGF avant le dépôt ?

Faire relire son DPGF avant le dépôt peut être particulièrement utile, surtout lorsque le marché est stratégique ou complexe.

Une relecture externe permet de repérer les incohérences entre les pièces, les erreurs de chiffrage, les oublis de postes ou les écarts entre le mémoire technique et l’offre financière.

Elle permet aussi de vérifier que le dossier reste clair, lisible et cohérent du point de vue de l’acheteur.

Pour une entreprise qui répond à un appel d’offres, cette étape peut faire la différence entre une offre simplement complète et une offre réellement maîtrisée.

Sécuriser son DPGF avec un accompagnement spécialisé

Le DPGF est une pièce essentielle de l’offre financière. Il doit être précis, cohérent et aligné avec l’ensemble du dossier de réponse.

Chez Onemis, nous accompagnons les entreprises dans la préparation de leurs réponses aux marchés publics : analyse du dossier de consultation, structuration du mémoire technique, vérification des pièces financières et relecture globale avant dépôt.

L’objectif est simple : présenter une offre claire, conforme, crédible et compétitive.

Vous préparez une réponse à un appel d’offres ? Onemis peut vous aider à sécuriser votre dossier avant son dépôt.

FAQ

Que signifie DPGF ?

DPGF signifie Décomposition du Prix Global et Forfaitaire. Il s’agit d’un document qui détaille les différents postes composant le prix forfaitaire proposé par une entreprise dans un marché public.

Le DPGF est-il obligatoire dans un marché public ?

Le DPGF est obligatoire lorsqu’il est demandé par l’acheteur dans le dossier de consultation. Si le document est exigé, l’entreprise doit le compléter conformément aux consignes indiquées.

Peut-on modifier un DPGF fourni par l'acheteur ?

Il est généralement recommandé de respecter le cadre fourni par l’acheteur. Modifier la structure du DPGF sans autorisation peut rendre l’analyse de l’offre plus difficile et créer un risque de non-conformité.

Quelle est la différence entre DPGF et BPU ?

Le DPGF détaille un prix global forfaitaire, tandis que le BPU présente des prix unitaires applicables à différentes prestations. Le DPGF est associé à un prix forfaitaire, alors que le BPU est utilisé pour des prix unitaires.

Quelle est la différence entre DPGF et DQE ?

Le DQE, ou Détail Quantitatif Estimatif, sert à estimer le montant d’une offre à partir de quantités prévisionnelles. Le DPGF, lui, détaille la composition d’un prix global et forfaitaire.

Que risque-t-on en cas d'erreur dans un DPGF ?

Une erreur dans un DPGF peut créer une incohérence dans l’offre, fragiliser son analyse ou semer un doute sur la fiabilité du chiffrage. Selon la nature de l’erreur et les règles du marché, elle peut avoir des conséquences sur l’appréciation de l’offre.

Donnez votre avis